Le millésime 2012 à Bordeaux a montré comment les viticulteurs et les vinificateurs ont relevé les défis et élaboré de magnifiques vins en réagissant rapidement aux conditions météorologiques, en adoptant une sélection rigoureuse et en appliquant des années d’expérience pour tirer le meilleur parti de ce qui fut un millésime modeste et parfois difficile. La saison de croissance 2012 a commencé sous des conditions plutôt humides, la floraison a été irrégulière et les responsables de vignoble ont dû lutter contre divers problèmes liés à l’humidité comme la coulure et le mildiou. L’été a été très chaud et sec ; si cela a accéléré la maturation de la majorité des vignes, cela a aussi provoqué un ralentissement de la croissance pour certaines.
Le mois de septembre a apporté des températures légèrement plus fraîches et des pluies très attendues, augmentant la taille de la récolte et rétablissant l’équilibre de baies par ailleurs très petites et concentrées. 2012 est davantage un millésime de Merlot que de Cabernet. Les rouges de la rive gauche ont tendance à porter une touche de Bordeaux à l’ancienne, avec une certaine austérité et des notes herbacées, tandis que les rouges de la rive droite montrent de l’élégance, de la retenue et un très joli profil de fruits rouges.
À 10 ans, la majorité des Bordeaux 2012 s’ouvrent, montrant un fruit généreux et une trame tannique souple. Profitez de ces Bordeaux 2012 au très bon rapport qualité‑prix cette année alors qu’ils fêtent leurs 10 ans. Voici nos coups de cœur, alliant excellent rapport qualité‑prix et parfaite aptitude à être bus dès maintenant.
2012 Léoville Barton (WA92)
D’un rubis/pourpre dense, avec des notes de cassis, de réglisse et de sous‑bois au nez, le 2012 de Léoville‑Barton est un vin relativement puissant, riche, au style masculin. Ce vin corsé a besoin de 5 à 8 ans de garde et devrait évoluer facilement pendant 25 à 30 ans.
2012 Pontet Canet (WA93)
Ce domaine, impeccablement géré et conduit en biodynamie par Alfred Tesseron, ne cesse de se renforcer. Le 2012 triomphe une fois de plus avec ses notes de prune noire, de cassis, de réglisse et presque un soupçon de truffe, ses tanins pleins et souples, et sa belle texture en bouche, luxueuse. Complexe et profond, ce vin de couleur rubis/pourpre dense n’atteint peut‑être pas le niveau des 2009 ou 2010, mais il constitue une réussite dans ce millésime et un vin important en 2012. Maturité estimée : 2017‑2035.
2012 Pavie (WA95)
Le 2012, corsé et d’un pourpre opaque, présente un magnifique nez de mûres, de cerises noires, de cèdre, de chêne toasté de grande qualité, de copeaux de crayon, de craie concassée et de notes florales. Ce Pavie complexe, autoritaire et puissant offre bien plus d’accessibilité et de précocité que la plupart des millésimes. C’est une autre brillante réussite des propriétaires Chantal et Gérard Perse. Il devrait être prêt à boire d’ici 8 à 10 ans et se garder pendant trois décennies. Issu de vignes âgées de 47 ans, Pavie, l’un des plus grands domaines de Saint‑Émilion (37 hectares), a une fois de plus touché le jackpot avec son Pavie 2012. Les rendements ont été de 28 hectolitres par hectare (ce qui est légèrement au‑dessus des 26 hectolitres par hectare en 2010), et les vendanges ont été exceptionnellement tardives. Les tanins sont peut‑être les plus doux de tous les jeunes Pavie que j’ai goûtés depuis le 2001 (auquel le 2012 ressemble vaguement).
2012 Quinault l’Enclos (WA88)
Cette propriété, découverte et ressuscitée par le Dr Alain Raynaud, a été acquise par le Château Cheval Blanc et, avec quelques ajustements ainsi qu’un changement d’étiquette, la qualité du terroir (situé dans les limites de la ville de Libourne) continue d’impressionner. Riche en fruit, épicé et terreux, avec un attrayant fruit de cerise noire et de cassis, ce vin de corps moyen possède des tanins souples et semble idéal à boire au cours des 7 à 10 prochaines années. À boire : 2015‑2025.
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